oui stars Travel Intelligence | Dernière mise à jour : 6 septembre 2026
L’économie touristique française est financée par bien plus que les groupes hôteliers. Derrière le parcours d’un visiteur, le capital peut provenir d’une foncière cotée propriétaire de l’immeuble, d’une banque finançant la rénovation, d’un investisseur souverain achetant une plateforme de loisirs, d’un acteur public prenant une participation minoritaire, d’un exploitant aéroportuaire modernisant un terminal ou d’une collectivité préparant le foncier et les transports qui rendent une destination investissable.
La France a accueilli 102 millions de visiteurs internationaux en 2025 et enregistré 77,5 milliards d’euros de recettes touristiques internationales, selon le bilan gouvernemental publié en février 2026. Mais attirer des visiteurs et financer les lieux qui les reçoivent sont deux activités différentes. La première se mesure en arrivées et en dépenses. La seconde est une compétition de long terme portant sur le foncier, les bâtiments, les marques, les infrastructures, la performance énergétique, le savoir-faire opérationnel et le risque.
Le paysage de l’investissement en cinq chiffres vérifiés
| Indicateur | Période et périmètre | Chiffre vérifié |
|---|---|---|
| Investissement touristique | France, 2024 ; méthodologie TBIT révisée d’Atout France | 18,7 Md€ |
| Investissement touristique annuel moyen | France, 2022–2024 | 21 Md€ |
| Transactions financières liées au tourisme | France, 2018–2023 ; capital-investissement et fusions-acquisitions | 31,6 Md€ pour 1 218 transactions |
| Investissement touristique en Île-de-France | 2024 | 4,5 Md€ |
| Investissement dans les aéroports parisiens | Groupe ADP, 2025 | 906 M€ |
Ces indicateurs ne mesurent pas la même chose et ne doivent pas être additionnés. Atout France estime les investissements annuels dans les filières touristiques ; l’étude de la DGE mesure des transactions financières sur six ans ; ADP publie ses dépenses d’investissement d’entreprise.
Un marché de 18,7 milliards d’euros, mais pas un marché unique
Le repère national le plus utile vient du Tableau de bord des investissements touristiques 2025 d’Atout France, publié le 12 mars 2026. Fondé sur une nouvelle méthodologie élaborée par Ancoris, il estime à 18,7 milliards d’euros les investissements touristiques réalisés en France en 2024. Ce niveau est inférieur aux années exceptionnelles qui ont suivi la pandémie, mais Atout France parle d’une normalisation, pas d’un retournement structurel. La moyenne annuelle a atteint 21 milliards d’euros entre 2022 et 2024.
La composition du total compte autant que le chiffre. L’hôtellerie, l’hôtellerie de plein air, le thermalisme, la thalassothérapie, les parcs de loisirs et les golfs ont conservé une dynamique d’investissement. La restauration a reculé sous la pression des marges et des difficultés de transmission. Les villages de vacances du tourisme social affrontent une interrogation plus profonde sur leur modèle économique. Il n’existe donc pas un cycle unique de l’investissement touristique français, mais plusieurs cycles qui avancent à des vitesses différentes.
Atout France indique également que 69 % des opérateurs interrogés considèrent que leurs investissements de 2024 ont contribué à la montée en gamme de leur offre. L’argent ne sert pas seulement à ajouter des chambres ou de la capacité. Il repositionne les actifs autour du bien-être, de la restauration, des expériences, de la performance environnementale et d’une clientèle à plus forte valeur.
Qui apporte réellement le capital ?
La réponse courte est : un écosystème. La réponse complète commence par distinguer six rôles régulièrement confondus.
- Les propriétaires immobiliers détiennent les murs des hôtels, resorts, campings, commerces ou équipements de loisirs. Il peut s’agir de familles, de foncières cotées, d’assureurs, de fonds institutionnels ou de véhicules spécialisés.
- Les exploitants dirigent l’activité et assument le risque opérationnel. Certains possèdent aussi les murs, mais beaucoup les louent.
- Les marques et sociétés de gestion fournissent distribution, fidélité, standards et expertise au moyen de contrats de management ou de franchise. Le nom célèbre sur la façade n’est pas nécessairement celui du propriétaire.
- Les prêteurs et investisseurs en fonds propres apportent dette, capital privilégié ou capital de contrôle. Leur rendement dépend de la structure de l’opération, pas seulement de la croissance touristique.
- Les investisseurs publics et territoriaux financent ou cofinancent infrastructures, patrimoine, tourisme social, outils numériques et projets jugés trop précoces ou trop risqués par le capital privé seul.
- Les opérateurs d’infrastructure investissent dans les aéroports, gares, réseaux ferroviaires, services publics et espaces urbains. Leur dépense peut rester hors d’une définition étroite du tourisme tout en déterminant la performance des actifs touristiques.
Cette propriété à plusieurs étages explique pourquoi l’expression « hôtel Accor » peut désigner un immeuble appartenant à un investisseur, exploité par une autre société et portant une marque Accor sous contrat. Elle explique aussi pourquoi les investisseurs examinent de plus en plus l’immobilier et l’exploitation ensemble. Le bâtiment fournit une valeur de garantie ; l’entreprise produit le flux de trésorerie.
Capital-investissement, foncières et assureurs
Une étude de la Direction générale des Entreprises s’est appuyée sur des bases spécialisées et sur des entretiens avec des fonds tels que Montefiore, 123 IM, Otium Leisure et Bpifrance. Elle recense 31,6 milliards d’euros de transactions financières liées au tourisme en France entre 2018 et 2023, réparties sur 1 218 opérations.
Il s’agit de valeur de transaction, ce qui n’est pas comparable à l’investissement annuel de construction, de rénovation et d’équipement. La répartition sectorielle reste instructive : l’hébergement représente 41 % des montants, les loisirs 37 %, la restauration 16 %, puis les agences de voyages et le transport de passagers 6 %. Le capital se concentre là où il peut combiner immobilier, exploitation évolutive, puissance de marque ou consolidation de plateformes.
Sur la période étudiée, la France dépasse l’Espagne et l’Allemagne en valeur de transactions, tout en restant derrière le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Ce constat ne doit pas devenir un classement simpliste des « meilleurs » marchés. Les grandes opérations, la localisation des holdings et les différences de bases peuvent déformer les totaux nationaux. Il confirme néanmoins que le tourisme français ne repose pas uniquement sur de petits propriétaires-exploitants : il dispose d’un marché institutionnel mature.
Covivio et AccorInvest : anatomie financière d’un hôtel
La réorganisation conclue en 2024 entre Covivio Hotels et AccorInvest offre un exemple concret. Covivio indique que l’échange d’actifs immobiliers et de fonds de commerce représentait une valeur totale proche de 800 millions d’euros. Covivio et ses partenaires de coentreprise ont pris la pleine propriété de 43 hôtels en France, en Belgique et en Allemagne, tandis que 16 autres établissements ont été transférés à AccorInvest.
Les coentreprises associaient notamment Crédit Agricole Assurances, la Caisse des Dépôts et Consignations et Société Générale Assurances à Covivio Hotels. La plupart des hôtels ont conservé une enseigne Accor, tandis que l’exploitation a été répartie entre la plateforme WiZiU de Covivio, Atypio, Sohoma et Accor. L’opération n’était donc pas une simple vente d’immeubles : elle réorganisait le propriétaire des murs, le détenteur du fonds et le gestionnaire de l’expérience client.
Covivio a également annoncé environ 100 millions d’euros de repositionnement, avec des programmes concernant notamment l’Ibis Montmartre et des Mercure à Boulogne, Nice et Lyon. C’est à ce stade que l’investissement devient visible pour le voyageur : chambres redessinées, systèmes énergétiques, concepts de restauration, organisation du personnel et nouveau positionnement commercial.
Capitaux étrangers et investisseurs du Golfe
Les capitaux étrangers entrent dans le tourisme français par des acquisitions, des partenariats, du financement de développement et des prises de participation dans des plateformes. Le Golfe en est une source importante, mais il ne constitue pas un investisseur unique doté d’une seule stratégie.
Dans son bilan de Choose France 2025, la Direction générale du Trésor indique qu’Abu Dhabi Investment Authority devait prendre une participation dans European Camping Group dans le cadre d’une opération de 600 millions d’euros. Cela ne signifie ni que chaque euro finance des constructions nouvelles en France, ni que cette somme puisse être ajoutée à l’investissement touristique annuel. L’opération montre néanmoins l’intérêt d’un capital souverain pour une plateforme européenne d’hôtellerie de plein air capable de changer d’échelle.
Le projet de trois parcs proposé autour de Cergy-Pontoise par Qiddiya, soutenue par des capitaux saoudiens, appartient à une phase beaucoup plus précoce. La Région Île-de-France évoque 6 milliards d’euros d’investissement envisagé et un potentiel d’emplois dépendant des caractéristiques définitives. Mais des questions majeures restent ouvertes : urbanisme, programme, calendrier, financement définitif et propriété intellectuelle. Toei Animation a déclaré qu’aucune licence n’avait été accordée pour un parc Dragon Ball en France. Notre enquête Dragon Ball France suit précisément cette différence entre annonce et projet autorisé.
La leçon vaut pour tous les investisseurs et décideurs : un chiffre annoncé n’est pas du capital déployé. Une analyse crédible suit le foncier, les licences, les autorisations, la clôture financière, les travaux puis l’ouverture.
Le capital public n’est pas une note de bas de page
Les investisseurs privés privilégient les actifs disposant d’une demande claire, d’un exploitant solide et d’une sortie possible. Les institutions publiques interviennent souvent lorsque l’équation commerciale dépend d’un rendement territorial plus large : préserver le patrimoine, ouvrir une destination rurale, soutenir le tourisme social, décarboner de petites entreprises d’hébergement ou construire une mobilité utile aux habitants comme aux visiteurs.
Le plan gouvernemental Destination France a mobilisé 1,9 milliard d’euros jusqu’à fin 2024 pour les compétences, la qualité, les infrastructures durables, la transformation numérique, le développement des destinations et leur promotion. Un bilan interministériel de 2024 indique que le plan a contribué à mobiliser 1,2 milliard d’euros de financements de long terme pour transformer les entreprises touristiques. Ces montants décrivent des moyens publics et des financements mobilisés, pas un rendement financier.
La Banque des Territoires, membre du groupe Caisse des Dépôts, décrit une intervention pouvant prendre la forme de participations minoritaires dans des sociétés immobilières, des foncières régionales, des opérateurs numériques et des projets de rénovation. Son univers va des hôtels et campings aux centres thermaux, ports de plaisance, équipements sportifs et actifs patrimoniaux. Ce capital patient peut rendre un projet finançable, mais il lui applique aussi un test d’intérêt public différent de celui d’un fonds opportuniste.
Les infrastructures : l’investissement invisible pour le client
Un hôtel peut être magnifique et sous-performer si son accès est difficile. Toute analyse de l’investissement touristique doit donc intégrer les portes d’entrée et la mobilité métropolitaine.
Groupe ADP a déclaré avoir investi 1,265 milliard d’euros dans son réseau en 2025, dont 906 millions dans les aéroports parisiens. Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly ont traité 107 millions de passagers cette année-là. ADP présente par ailleurs un programme parisien de 8,4 milliards d’euros pour 2027–2034 portant sur la modernisation, les capacités côté pistes et les systèmes énergétiques. Les 8,4 milliards constituent un programme futur, pas une dépense déjà réalisée.
Le rail et les transports métropolitains produisent le même effet multiplicateur. Le Grand Paris Express peut modifier l’accès aux quartiers d’affaires, parcs d’exposition, stades et destinations périphériques. La valeur ne revient pas uniquement au transporteur : elle peut être captée par les hôtels, restaurants, bureaux, loisirs et marchés immobiliers des quartiers mieux connectés.
Où va le capital ?
La géographie d’Atout France illustre la force d’attraction de Paris tout en soulignant la diversification. L’Île-de-France a reçu 4,5 milliards d’euros d’investissement touristique en 2024, au premier rang national. Les littoraux représentaient environ un quart des investissements. La rareté foncière et les contraintes environnementales déplacent progressivement certains projets des fronts de mer saturés vers l’arrière-pays.
La montagne et les espaces ruraux gagnent en visibilité grâce aux offres quatre saisons, aux hébergements expérientiels et à l’écotourisme. La thèse ne peut toutefois se limiter à « davantage de lits hors de Paris ». Il faut déterminer si une destination peut créer une demande au-delà d’un pic court, recruter des salariés, assurer des actifs exposés au climat et accueillir les clients sans dépendance excessive à la voiture.
| Univers d’investissement | Investisseurs typiques | Création de valeur | Risque matériel |
|---|---|---|---|
| Hôtels à Paris et dans les grandes villes | Foncières, groupes hôteliers, assureurs, family offices | Demande internationale, affaires, conversion, repositionnement | Prix d’entrée, réglementation, travail et rénovation |
| Resorts Riviera et Atlantique | Fonds spécialisés, luxe, propriétaires privés, promoteurs | Marque, rareté, événements, bien-être et résidentiel | Saisonnalité, eau, assurance et règles littorales |
| Hôtellerie de plein air | Capital-investissement, plateformes, investisseurs souverains | Échelle, demande intérieure, montée en gamme et distribution | Climat, foncier et sensibilité du consommateur |
| Loisirs et divertissement | Opérateurs stratégiques, fonds, capitaux souverains | Propriété intellectuelle, revisite, hôtels et commerces | Licences, urbanisme, construction et fréquentation |
| Aéroports et mobilité | Entreprises publiques, concessionnaires, État et régions | Connectivité, capacité, commerce et qualité du service | Régulation, décarbonation et chocs de trafic |
| Patrimoine et ruralité | Familles, fonds à impact, co-investisseurs publics, PME | Authenticité, réemploi et partenariats territoriaux | Entretien, personnel et faible demande hors saison |
Pourquoi 102 millions de visiteurs ne garantissent pas un bon placement
La demande compte, mais le total national de visiteurs ne remplace pas l’analyse financière d’un actif. Le record de 2025 comprend 102 millions d’arrivées internationales, 77,5 milliards d’euros de recettes internationales et 222 milliards d’euros de consommation touristique intérieure. Le gouvernement estime la dépense internationale moyenne à 760 euros par séjour. Ces chiffres confirment la profondeur du marché, mais révèlent aussi le défi : la France vise 100 milliards d’euros de recettes internationales en 2030. Le prochain cycle doit donc accroître la valeur, la résilience et la diffusion géographique, pas seulement la capacité.
L’investisseur doit encore répondre à des questions locales. Combien de mois génèrent un flux positif ? L’exploitant sait-il distribuer et tarifer le produit ? Quel investissement imposent les règles énergétiques ? Les salariés peuvent-ils se loger à proximité ? La destination est-elle exposée à la chaleur, aux incendies, au manque de neige ou à la rareté de l’eau ? Une règle de location, une décision d’urbanisme ou une opposition locale peut-elle modifier l’équation ?
L’Indice du tourisme en France de oui stars et l’Observatoire des investissements touristiques complètent cette analyse. L’échelle nationale donne le contexte ; les preuves portant sur chaque destination et chaque projet déterminent ce qui est réellement investissable.
Les prochains gagnants pourraient être des rénovations
Les projets les plus spectaculaires dominent les titres, mais la plus grande opportunité peut être moins photogénique : rénover des milliers d’actifs existants. La France possède un parc considérable d’hôtels, campings, résidences de tourisme, restaurants et bâtiments patrimoniaux. Beaucoup ont besoin de travaux énergétiques, d’accessibilité, d’outils numériques, d’une meilleure restauration, de logements pour le personnel ou d’un positionnement plus lisible.
La conversion peut également libérer de la valeur. Un bureau obsolète dans une ville recherchée peut devenir un hôtel si l’urbanisme, la structure et l’économie le permettent. Un trois-étoiles fragile peut produire un meilleur résultat après un repositionnement discipliné qu’un développement neuf écrasé par le coût du terrain et de la construction. L’investissement est le plus convaincant lorsque la rénovation résout plusieurs problèmes à la fois : énergie, prix moyen, satisfaction du client et demande annuelle.
Ce qu’un investisseur doit vérifier avant de croire au récit
- Demande : utiliser les nuitées, recettes, capacités aériennes et calendriers locaux, pas seulement les arrivées nationales.
- Propriété : identifier le détenteur des murs, du fonds de commerce, du contrat de marque et de la propriété intellectuelle.
- Statut du capital : distinguer annonce, protocole, fonds propres engagés, dette signée, démarrage des travaux et dépense exécutée.
- Urbanisme : vérifier foncier, permis, évaluation environnementale, patrimoine et consultation locale.
- Exploitation : tester disponibilité du personnel, distribution, tarification, restauration et entretien.
- Climat et énergie : modéliser rénovation, assurance, eau, refroidissement, neige et émissions de transport.
- Sortie et liquidité : demander qui pourrait racheter l’actif ou la plateforme à la fin de la période d’investissement.
Que doit exiger la France de ces capitaux ?
L’investissement n’est pas automatiquement du développement. Un projet peut augmenter la valeur foncière sans améliorer les salaires locaux, ajouter des visiteurs sans financer les transports ou accroître la capacité tout en aggravant la pression sur l’eau, le logement et l’espace public. Les autorités devraient juger le capital touristique par son caractère additionnel : que se passe-t-il grâce à cet investissement qui ne se serait pas produit autrement ?
Les tests utiles concernent l’emploi permanent, la formation, les achats locaux, la réutilisation des bâtiments, la performance énergétique, l’accessibilité, l’allongement de la saison, l’intégration aux transports et la part des dépenses conservée localement. Ce ne sont pas des conditions hostiles à l’investissement. Elles fondent son acceptabilité politique durable.
Atout France indique que 61 % des acteurs publics interrogés observent une progression des projets et que 85 % se disent optimistes ; plus de la moitié des acteurs privés prévoient de maintenir ou d’augmenter leurs investissements. L’optimisme n’est pas une prévision de rendement. Il signale un vivier de projets, dont la qualité dépendra du coût du financement, de l’exécution et de l’adéquation avec l’économie touristique que la France souhaite construire.
Analyse éditoriale : qui investit vraiment ?
La réponse n’est ni un groupe hôtelier, ni un fonds souverain, ni un ministère. C’est une chaîne de capitaux allant des institutions internationales aux véhicules régionaux, assureurs, foncières, exploitants, banques, propriétaires familiaux et organismes d’infrastructure.
Les investisseurs les plus puissants sont peut-être ceux qui savent relier plusieurs niveaux. Une foncière comprenant l’exploitation hôtelière repositionne mieux un actif. Un fonds souverain apporte du capital patient, mais dépend toujours de l’urbanisme local et d’un exploitant expérimenté. Une collectivité prépare l’infrastructure, mais ne fabrique pas seule la demande. Une marque mondiale peut remplir des chambres, mais ne compense pas indéfiniment un mauvais emplacement ou un bâtiment épuisé.
L’avantage français réside dans la profondeur de la demande et la diversité des destinations. Sa contrainte tient au coût et à la complexité nécessaires pour transformer cette demande en actifs modernes, productifs et moins carbonés. La prochaine phase sera plus sélective que le rebond post-pandémie. Le capital recherchera des lieux produisant des revenus toute l’année, une mobilité crédible, un immobilier rare ou adaptable et des opérateurs capables de convertir la renommée en flux financiers sans vider la destination de sa substance.
Sources et méthode
Ce rapport distingue investissement touristique annuel, dépense d’entreprise, valeur de transaction et programme futur annoncé. Ces montants ne sont pas additionnés.
- Atout France, Tableau de bord des investissements touristiques, édition 2025, publié le 12 mars 2026 ; données 2022–2024.
- DGE, dynamiques des investissements financiers dans le tourisme ; transactions 2018–2023.
- DGE, bilan touristique 2025, publié le 19 février 2026.
- Groupe ADP, document essentiel 2025 ; trafic et investissements déclarés par l’entreprise.
- Covivio, opération AccorInvest, 29 novembre 2024.
- DGE, plan Destination France.
- Direction générale du Trésor, investissements du Golfe à Choose France 2025.
Pour poursuivre : consultez la Veille des investissements touristiques, l’Observatoire des investissements touristiques et oui stars Travel Intelligence.
Cet article est une analyse éditoriale indépendante, et non un conseil personnalisé en investissement, droit ou fiscalité.









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