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Manifestations du 24 octobre : qui paiera la facture et répondra aux voyageurs ?

Tribune : Gare du Nord, Saint-Lazare, Montparnasse, hôtels et tourisme. Qui répond aux voyageurs du 23 au 25 octobre, et qui supportera les pertes ?

Militaires français en patrouille Sentinelle auprès de passantes, photographie d’archives du 23 avril 2022

TRIBUNE · Faits vérifiés le 21 octobre 2026

Photo d’archives de l’armée

Mesdames et messieurs les responsables, dites-le clairement : les touristes attendus vendredi, samedi et dimanche doivent-ils venir en France ou annuler ? Qui leur répond ? Qui protège les commerces ? Qui paiera les pertes si la violence s’invite dans la rue ? La France ne peut pas traiter la sécurité des personnes et les revenus de ceux qui travaillent comme une variable secondaire.

Ce qui est annoncé — et ce qui ne l’est pas

Un appel public annonce un rassemblement à Paris, place Jussieu, samedi 24 octobre 2026 à 14 heures, avec des revendications sociales et institutionnelles. Il établit l’existence d’un appel, pas l’autorisation d’un itinéraire, ni le nombre de participants. Cet article ne confirme aucun arrêté définitif couvrant l’ensemble des rassemblements du week-end. Les décisions applicables doivent être recherchées auprès de la Préfecture de police.

Manifester est un droit. Piller et terroriser les passants ne le sont pas.

Qu’on le dise sans détour : aucune revendication ne donne le droit d’incendier, de voler, de casser un commerce, de dégrader un bâtiment public ou d’effrayer une famille. Un hôtelier n’est pas une cible politique. Un restaurateur n’a pas à payer pour être situé sur un parcours. Le visiteur, l’enfant, la personne âgée, le salarié et le manifestant pacifique doivent être protégés. Détruire l’outil de travail d’autrui ne défend aucun salaire. Nous demandons une prévention ferme, l’identification des auteurs et une réponse judiciaire fondée sur les actes. L’objectif annoncé des rassemblements et les infractions éventuellement commises doivent rester distingués : c’est sur les faits que se construit une action efficace.

Vendredi 23, samedi 24, dimanche 25 : faut-il venir ou ne pas venir ?

Monsieur le ministre, mesdames et messieurs les responsables publics : que devons-nous dire aux visiteurs ? « Venez découvrir Paris, ses rues, les quais de Seine, ses musées, ses restaurants et ses bateaux de promenade » ? Ou : « Ne venez pas ce week-end » ? Ceux qui arrivent doivent-ils annuler leurs réservations ? Ceux qui repartent peuvent-ils rejoindre leur gare ? Et ceux qui ont payé plusieurs prestations, qui les renseigne ? Nous vous demandons une réponse, pas une formule. Si vous confirmez des restrictions, donnez les lieux, les horaires, les solutions et les contacts. Si des services restent accessibles, dites lesquels. Laisser les professionnels porter seuls l’incertitude est inacceptable. Une déclaration de manifestation n’autorise aucun délit ; précisément, la décision publique doit s’accompagner d’une protection et d’une information à la hauteur.

Gare du Nord, Saint-Lazare, Montparnasse : les voyageurs ne sont pas des abstractions

Parlons des personnes qui ont déjà payé. Les visiteurs venant de Londres en Eurostar arrivent à Paris Gare du Nord. Ceux qui voyagent entre Paris et la Normandie passent notamment par Saint-Lazare, avec les liaisons de Rouen, du Havre ou de Caen. À Montparnasse, des voyageurs partent vers Bordeaux ou en arrivent. Des familles ont des correspondances, des bagages, des enfants et des horaires. Le train peut circuler sans que le transfert jusqu’à l’hôtel soit simple ; un accès routier peut être modifié sans que la gare ferme. Notre question est donc concrète : comment rejoindront-ils leur hébergement, leur train suivant, leur musée ou leur rendez-vous ? Cet article n’annonce aucune fermeture de ces trois gares. Il demande qu’on réponde à ceux qui les utilisent, avant leur départ.

Qui supportera la facture réelle ? Et jusqu’à quand ?

La France dispose-t-elle d’une caisse sans fond ? L’État peut-il payer indéfiniment les réparations, les dispositifs de sécurité, les aides aux entreprises et les conséquences d’une activité interrompue ? Et quand une dépense est supportée par la collectivité, qui en assume finalement la charge ? Voilà les questions que nous posons. Il ne suffit pas de dire : « Les assurances paieront. » Il existe des franchises, des garanties limitées, des délais et des pertes qui ne se résument pas à une vitre. Qui rendra au restaurateur ses couverts perdus ? Au salarié sa journée bouleversée ? À l’hôtelier une réservation partie chez un concurrent ? Combien de fois faudra-t-il recommencer ? Aucun montant global n’est établi ici pour ce week-end. Mais attendre une facture pour reconnaître le risque serait une faute de jugement. Prévenir doit compter autant que réparer.

Le coût commence avant la première vitrine brisée

Imaginons une agence étrangère qui prépare un séjour : elle interroge son hôtel partenaire, son transporteur, un restaurant et un opérateur de croisières. Le client hésite : faut-il confirmer, déplacer, annuler ? Cette chaîne est un scénario de décision, pas une enquête affirmant que toutes les agences annulent déjà. Elle montre pourquoi l’incertitude coûte du temps et peut affecter les commandes avant même un dommage matériel. Une table non occupée, une chambre invendue et une excursion abandonnée ne se récupèrent pas toujours le lendemain. Mais affirmer qu’un samedi perdu équivaut automatiquement à un mois d’activité serait un chiffre sans preuve.

Une économie réelle derrière la carte postale

Selon Atout France, la France a enregistré 102 millions d’arrivées internationales et 77,5 milliards d’euros de recettes internationales en 2025. Ces indicateurs nationaux ne mesurent pas les pertes du 24 octobre, qui n’a pas encore eu lieu. Ils rappellent l’enjeu. Derrière le prestige d’une destination travaillent des réceptionnistes, des cuisiniers, des guides, des agents d’entretien, des chauffeurs et des fournisseurs. Leur activité dépend de la capacité à accueillir, à circuler et à tenir les engagements pris. Protéger le tourisme, c’est aussi protéger ces revenus et ces emplois.

Savez-vous ce que représente une nouvelle interruption pour un professionnel déjà fragilisé ?

Savez-vous, mesdames et messieurs, ce que signifie demander encore de patienter à un commerçant qui a traversé les crises précédentes ? Le mouvement des gilets jaunes a débuté en novembre 2018 ; le rapport parlementaire de 2019 en documente les répercussions commerciales et hôtelières. Les confinements du Covid se sont succédé en 2020 et 2021, comme le rappelle France Stratégie, au sein d’une crise sanitaire qui a bouleversé les activités. Il ne s’agissait pas de deux ans continus de fermeture générale. Mais rouvrir une porte ne suffit pas à reconstituer une trésorerie. Nous demandons que l’on entende ceux dont les marges de sécurité restent fragiles, sans prétendre disposer ici d’un décompte de leurs dettes actuelles. Ils ont besoin de travailler, de recevoir leurs clients et de pouvoir prévoir.

Une réputation circule en quelques secondes ; une réservation peut mettre longtemps à revenir

Une vidéo peut traverser les frontières en quelques secondes. Elle peut montrer un incident réel, une scène ancienne ou un montage trompeur. Une image artificielle ne prouve pas qu’un événement identique s’est produit : on peut fabriquer une scène sans incident initial. La responsabilité d’un média consiste donc à vérifier le lieu, la date, l’origine et le contexte avant de partager. Diffuser une scène de 2018 comme si elle datait de samedi prochain ferait précisément le tort que nous dénonçons. À l’inverse, une violence établie doit être documentée et traitée, sans minimisation. La confiance demande la vérité dans les deux sens.

La rue peut rouvrir ; les images, elles, continuent de tourner

Le dommage s’arrête-t-il le dimanche soir ? Non, pas nécessairement. Une scène de violence peut être reprise, partagée, recherchée et montrée bien après le nettoyage de la rue. Elle peut continuer à peser sur la décision d’un voyageur pendant des semaines, voire des mois : c’est un risque de réputation, pas une durée de pertes déjà mesurée pour le 24 octobre. Un client à Londres ou ailleurs ne connaît pas toujours le quartier ni la distance entre l’incident et son hôtel. Il voit « Paris », il voit « France », il hésite. L’agence demande des nouvelles à ses fournisseurs. Le fournisseur tente de rassurer. Le temps passe et le client peut choisir une autre destination. Qui prend en compte ce coût qui ne figure pas sur la facture du vitrier ?

Interdire si le droit le justifie, expliquer dans tous les cas

Le régime français repose sur une déclaration préalable. Cela ne constitue jamais une approbation d’actes de violence. Le Conseil d’État rappelle que l’interdiction doit être adaptée, nécessaire et proportionnée, en dernier recours et sous le contrôle du juge. Il n’existe pas de seuil général de « 1 % de risque » autorisant automatiquement une interdiction. Nous défendons une prévention ferme, fondée sur des éléments concrets : dialogue opérationnel, protection des accès et des secours, mesures justifiées, intervention contre les infractions. L’autorité gagne en crédibilité lorsqu’elle annonce ce qu’elle sait, motive ce qu’elle décide et rend compte des résultats.

Qui paie quand l’activité s’arrête ?

La question ne disparaît pas une fois les rues nettoyées. Franchise, stock détruit, travaux, masse salariale et perte de recettes ne relèvent pas nécessairement des mêmes garanties. L’article L211-10 du Code de la sécurité intérieure prévoit un régime de responsabilité de l’État pour certains dommages résultant de violences collectives ; il ne permet pas de promettre ici un remboursement automatique de toute annulation. Il faut documenter les préjudices, vérifier le contrat d’assurance et les conditions du recours. Exiger de la transparence sur le coût et les délais d’indemnisation est légitime.

Les réponses attendues avant le week-end

Nous demandons un point public donnant les périmètres et horaires concernés, les accès de substitution, les décisions de fermeture lorsqu’elles existent, ainsi qu’un contact utile pour les professionnels. Chaque hôtel ou opérateur devrait pouvoir communiquer une information vérifiée sur son propre service, plutôt qu’une assurance générale sur toute la capitale. Les autorités doivent distinguer ce qui est confirmé de ce qui reste susceptible d’évoluer. Les pertes éventuelles devront ensuite être évaluées sur pièces : annulations, reports, chiffre d’affaires, jours de fermeture et dommages. La précision sert davantage l’économie qu’une compétition entre déni et dramatisation.

Voyageurs : décider sur votre itinéraire, pas sur une rumeur

Les conseils britanniques aux voyageurs invitent à surveiller les informations et à suivre les autorités ; ils précisent que la plupart des manifestations sont pacifiques. Une annonce de rassemblement ne prouve donc ni la fermeture de toute la France, ni la disponibilité de chaque prestation. Avant le départ, consultez la préfecture, les informations de circulation de la RATP, votre transporteur et les lieux réservés. Demandez par écrit les conditions de report ou d’annulation. N’approchez pas un incident pour le filmer. Ce sont des précautions pratiques, pas une garantie individuelle de sécurité.

Médias et responsables publics : apaiser ou attiser ?

Aux chaînes et aux journalistes qui relaient les appels à descendre dans la rue, posons aussi la question : votre rôle s’arrête-t-il à annoncer une date, ou consiste-t-il également à interroger organisateurs et autorités sur la protection des personnes, des commerces et des accès ? Les médias doivent-ils éteindre les braises ou souffler dessus ? Les responsables publics doivent-ils dissiper l’incertitude par des décisions et des informations claires, ou la laisser nourrir les tensions ? Informer sur une manifestation ne signifie pas inciter à la violence. Mais le titre, le contexte et la mise en scène peuvent apaiser ou attiser. Nous demandons une presse qui ne cache aucun fait et ne transforme pas un risque d’affrontement en spectacle attendu. Interrogez aussi la prévention, le voyageur, le commerçant et la facture du lendemain. Apprenons de nos erreurs et des pays pris dans des spirales de troubles, sans réduire leur histoire complexe à une seule manifestation. Une boule de neige peut grossir en dévalant la pente : il faut enrayer l’escalade tôt, par les faits, la prévention, le dialogue et l’application de la loi. Agissons avant que réparer ne devienne plus difficile que prévenir.

Agir maintenant : arrêter les pertes et fixer un véritable calendrier de réformes

Il faut agir avant que les pertes ne s’accumulent et sortir de l’attente du prochain samedi pour travailler à des solutions qui construisent le pays. Nous demandons un programme de réformes clair : quelles sont les revendications ? Que peut-on réaliser immédiatement ? Que faut-il financer ou faire voter ? Qui doit agir, et à quelle échéance ? Écoutez les citoyens, examinez leurs demandes, répondez à celles qui sont justifiées et réalisables, et expliquez publiquement les obstacles. Ne laissez pas la colère s’accumuler avant de présenter la facture aux entreprises, aux salariés et aux voyageurs. Construire un État exige des décisions, des services, des emplois et des comptes à rendre ; les promesses et la gestion de crise hebdomadaire ne suffisent pas. Notre position est nette : lorsqu’elles deviennent des blocages répétés et des violences, les manifestations entravent le fonctionnement du pays et ses solutions, elles ne le construisent pas. Les revendications pacifiques doivent, elles, trouver une écoute et déboucher sur des engagements mesurables. Publiez les mesures, leurs responsables, leurs échéances et un suivi indiquant les résultats, les retards et leurs causes. Construisons réellement et protégeons les revenus : prévenir les pertes, réformer et écouter les citoyens sont des responsabilités indissociables.

Qui mesure l’épuisement des forces de l’ordre ? La protection n’est pas gratuite

A-t-on pensé à l’usure des policiers et des gendarmes ? Des agents passent des heures dans la rue, exposés aux agressions, aux blessures et aux accidents ; ils ont aussi une santé, une famille et une vie. S’y ajoutent les déplacements, l’alimentation, les heures supplémentaires, l’entretien des véhicules et la consommation des équipements et des fournitures. Ces ressources ont un coût. Le rapport parlementaire consacré aux gilets jaunes décrit plusieurs de ces postes. Nous demandons un bilan transparent des dépenses supplémentaires de chaque mobilisation importante, distinguées du fonctionnement habituel et sans double comptage. Combien a-t-on dépensé ? Quels moyens ont été usés ? Quels effets sur le repos des agents et les autres missions ? Nous n’annonçons ni montant pour une manifestation à venir, ni blessures non établies. Mais l’absence d’un bilan définitif ne rend nuls ni le risque humain ni la charge financière. Protéger la population est un devoir ; protéger ceux qui la protègent l’est aussi.

OUISTARS Travel propose une mobilisation numérique pacifique, avec des réponses

Descendre dans la rue pour le seul fait de descendre ne saurait constituer un programme. Toute personne portant une demande doit pouvoir la présenter et en suivre le traitement. À l’heure des services publics numériques, rendons la participation plus simple depuis chez soi. OUISTARS Travel appelle l’État, les institutions et les organisations à développer un parcours accessible : « Je conteste ceci, voici ma demande », un soutien vérifié, un numéro de suivi, un interlocuteur et une échéance de réponse. La France possède déjà les plateformes de pétitions de l’Assemblée nationale, du Sénat et du CESE. Il faut rendre ces démarches plus lisibles et leur traitement visible. Signer ne fait pas automatiquement entrer une proposition dans la loi : nous demandons un véritable parcours d’examen et de réponse. Proposons un plafond expérimental de 10 000 euros pour un premier prototype simple, puis demandons des offres précisant ce qu’il permet de réaliser. C’est une proposition budgétaire, pas un tarif confirmé pour une plateforme publique sécurisée complète : vérification des participants, données personnelles, accessibilité et maintenance entraînent des coûts durables. Comparons publiquement une expérimentation mesurable aux dépenses établies de perturbation, de sécurisation et de réparation. Prévoyons une assistance hors ligne et faisons de cet outil un canal supplémentaire respectant le droit de manifester pacifiquement. La technologie doit rapprocher le citoyen de la décision et donner une suite à sa demande.

Ne détruisez pas de vos mains ce que les générations précédentes ont construit

Une destination, une entreprise et la confiance se construisent dans la durée. Une nuit peut abîmer ce que des années de travail ont rendu possible ; reconstruire exige ensuite de l’argent, du temps et de l’énergie. Ne laissons pas la violence imposer cette facture à ceux qui veulent simplement vivre et travailler. Nous voulons un État clair dans ses décisions, ferme face aux infractions et responsable de la protection des personnes, sous l’autorité de la loi. La sécurité doit être une priorité. Nous le répétons : la sécurité doit être une priorité. Pouvoir dormir chez soi, travailler et marcher sans peur est une exigence essentielle. Et aux visiteurs de Gare du Nord, Saint-Lazare, Montparnasse et de tout le pays qui demandent « venons-nous ou pas ? », répondez avant qu’ils ne prennent la route.

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