Christian de Portzamparc dans un portrait en noir et blanc tiré d’un entretien de 2018
Christian de Portzamparc, premier architecte français lauréat du Pritzker, lors d’un entretien en 2018. Image vidéo : Connaissance des Arts / Wikimedia Commons, CC BY 3.0 ; recadrage et conversion en noir et blanc par oui stars Travel.

Ceux qui ont façonné la France | Saison Architecture

Par Osama Samaha, rédacteur en chef de oui stars Travel

Avant les tours spectaculaires et les grandes salles de concert, Christian de Portzamparc a posé une question simple : que devient la ville lorsque l’îlot laisse entrer la lumière, le mouvement et la différence ? Premier architecte français couronné par le prix Pritzker, il en a tiré une œuvre mondiale, de la Cité de la musique à One57.

En sortant de la Bibliothèque nationale de France par l’avenue de France, il faut regarder non seulement les bâtiments, mais les intervalles. Une façade s’interrompt, un jardin apparaît, une tour recule, une autre avance. La rue demeure lisible, pourtant elle ne se referme jamais tout à fait. Le quartier Masséna ne se donne pas comme un monument signé d’une seule main. Il ressemble plutôt à une conversation entre des architectures différentes, tenue par une règle discrète.

C’est peut-être là que se trouve l’œuvre la plus décisive de Christian de Portzamparc : non dans un objet célèbre, mais dans le vide ménagé entre plusieurs objets. L’architecte a fait de cet espace une matière de projet. Son « îlot ouvert » tente de réconcilier deux villes que le XXe siècle avait opposées : la rue continue, dense et collective, et le bâtiment libre, entouré d’air et de lumière.

Cette idée a changé la manière de concevoir de nombreux quartiers contemporains. Elle a aussi rencontré les réalités moins élégantes de la ville : clôtures, contrôles d’accès, programmes privés, règlements transformant parfois un principe souple en recette. C’est précisément ce mélange d’invention et de résistance qui rend Portzamparc essentiel. Son architecture n’est pas une réponse finale. Elle est une façon de rouvrir la question.

De Casablanca à Paris, une vocation entre peinture et architecture

Né à Casablanca en 1944, Christian de Portzamparc se pense d’abord par le dessin et la peinture. Adolescent, la découverte d’esquisses de Le Corbusier déplace son intérêt vers l’architecture. Il entre en 1962 à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, où deux enseignements presque contraires le marquent : Eugène Beaudouin encourage l’expression formelle ; Georges Candilis insiste sur les trames, les réseaux et les systèmes.

Mais l’adhésion à l’architecture moderne ne dure pas sans crise. En 1966, Portzamparc part neuf mois à New York, vit à Greenwich Village et fréquente artistes et écrivains. La doctrine moderniste, autrefois admirée, lui paraît trop abstraite pour contenir la richesse de la vie réelle. Après son diplôme en 1969, il ne se précipite pas vers une agence prestigieuse. Il rejoint des recherches sociologiques sur la relation des habitants à leur quartier : pourquoi certains lieux sont-ils aimés, d’autres rejetés ?

Cette parenthèse devient fondatrice. L’architecture ne fabriquera pas l’utopie, comprend-il, mais elle peut rendre un voisinage plus habitable. Le bâtiment cesse d’être une sculpture autonome : il devient un acteur d’une performance collective appelée ville. Cette conviction explique la continuité profonde d’une carrière pourtant très diverse, des logements sociaux parisiens aux salles de musique, des ambassades aux gratte-ciel.

En 1994, à cinquante ans, Portzamparc devient le premier architecte français à recevoir le prix Pritzker. Le jury célèbre une architecture affranchie des catégories trop simples, ni soumise au classicisme ni enfermée dans le modernisme. La distinction n’achève pas une trajectoire : elle précède la tour LVMH à New York, la Philharmonie Luxembourg, le Musée Hergé, la Cidade das Artes de Rio, One57 et Paris La Défense Arena. En 2026, le Andrée Putman Lifetime Achievement Award salue à son tour cette durée.

Schéma comparant l’îlot fermé, les tours isolées et l’îlot ouvert de Christian de Portzamparc
Le schéma remplace l’îlot fermé et la tour isolée par l’îlot ouvert : bâtiments autonomes, lumière, vues et rue ouverte. Image : Atelier Christian de Portzamparc, CC BY-SA 2.0 France via Wikimedia Commons ; VRT 2008031910023091. Fiche source · Licence.

L’idée fondatrice : ouvrir l’îlot sans effacer la rue

Pour comprendre l’îlot ouvert, il faut partir de ce que Portzamparc refuse de choisir. D’un côté, la ville traditionnelle aligne des immeubles mitoyens le long d’une rue clairement dessinée. Le Paris transformé au XIXe siècle – raconté dans notre portrait consacré à la manière dont Haussmann a remodelé la capitale – en est la manifestation la plus puissante. La rue possède alors des parois continues, mais les logements profonds et les cours fermées peuvent manquer de lumière.

De l’autre côté, l’urbanisme moderne isole les barres et les tours dans un espace libre. Il promet le soleil, la verdure et l’hygiène, mais dissout souvent la rue, ses adresses et son intensité sociale. Dans la lecture historique que Portzamparc nomme l’« âge III », il ne s’agit ni de revenir à l’îlot fermé ni de répéter le plan libre. Il faut conserver la rue tout en rendant les bâtiments autonomes.

La règle paraît simple : les immeubles ne sont pas systématiquement mitoyens ; leurs hauteurs, leurs volumes et leurs matériaux peuvent varier ; des percées laissent entrer la lumière et ouvrent des vues vers les jardins intérieurs. Certaines portions de façade maintiennent l’alignement et donnent à la rue sa cohérence. Ce n’est pas un style reconnaissable à une couleur ou à une forme. C’est un cadre capable d’accueillir plusieurs auteurs, programmes et époques.

L’innovation de Portzamparc tient moins à la forme d’un bâtiment qu’à une règle du jeu : assez précise pour fabriquer une rue, assez ouverte pour laisser la ville évoluer.

Paris, laboratoire de l’« âge III »

Les Hautes-Formes : le manifeste construit

Dans le 13e arrondissement, Les Hautes-Formes donnent à cette recherche sa première force construite. Réalisé de 1975 à 1979 avec l’architecte Georgia Benamo – une coautrice que les récits trop rapides ne doivent pas effacer – l’ensemble rassemble 209 logements sociaux. Six bâtiments de hauteurs différentes s’organisent autour d’une voie, de petites places et de cours plantées. La composition évite le bloc monolithique comme la tour posée sans adresse.

Le projet est modeste en superficie, immense en conséquences. Les vides y règlent l’ensoleillement, limitent les vis-à-vis et prolongent les regards. L’espace entre les bâtiments n’est plus le résidu laissé après la construction ; il devient le sujet. Les Hautes-Formes marquent aussi un tournant dans l’histoire récente du logement parisien : après la logique des grandes opérations d’Italie 13, elles réintroduisent une échelle de rue et une pluralité de volumes.

Masséna : une règle plutôt qu’un plan figé

Vingt ans plus tard, le quartier Masséna permet de tester l’idée à l’échelle urbaine. Pour ce secteur de Paris Rive Gauche, Portzamparc ne dessine pas chaque façade et ne cherche pas à imposer une signature unique. Il établit des règles de volumétrie, de découpage, de voies et de jardins. Des dizaines d’architectes peuvent ensuite construire des bâtiments distincts à l’intérieur d’une composition commune.

Le résultat mêle logements, bureaux, commerces, équipements et université sur environ 337 000 mètres carrés. Les immeubles se séparent, s’abaissent ou se soulèvent ; les jardins deviennent visibles depuis la rue ; le soleil peut atteindre plusieurs orientations. Masséna ne vaut pas parce que chaque bâtiment serait exceptionnel. Il démontre qu’un quartier peut tirer une cohérence de sa diversité, à condition que les relations entre les pièces soient dessinées avec autant de soin que les pièces elles-mêmes.

Ce déplacement est capital. L’urbaniste ne compose plus une image définitive : il orchestre des possibilités. Le secteur peut absorber des changements de programme, des auteurs inégaux, des matériaux contradictoires et le temps long de la construction. Portzamparc l’a formulé sans romantisme : la ville doit pouvoir accueillir le meilleur comme le banal. Son travail consiste à empêcher que cette hétérogénéité ne devienne du bruit.

De Citadel à Almere avec commerces, toits végétalisés et logements colorés de Christian de Portzamparc
De Citadel superpose commerces, rues, toitures végétalisées et logements colorés dans un fragment de ville compact. Photo : Stipo team, CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons. Fiche source · Licence.

Concevoir l’architecture comme une partition

La musique offre à Portzamparc plus qu’un programme prestigieux. Elle lui donne un vocabulaire : rythme, séquence, intervalle, reprise, silence. À la Cité de la musique de La Villette, gagnée sur concours en 1984, il ne dessine pas une boîte spectaculaire contenant des salles. Il fabrique une petite ville de circulations, de cours, de foyers et de volumes distincts.

L’aile ouest, achevée en 1990, accueille le Conservatoire de Paris. Ses « rues » horizontales et verticales distribuent salles d’étude, auditoriums et lieux de rencontre autour d’un jardin. Le mobilier est conçu par Élisabeth et Christian de Portzamparc. L’aile est, inaugurée en 1995, réunit salle de concerts, Musée de la musique et espaces publics dans une composition que l’architecte décrit comme une ville onirique. Il faut la distinguer de la Philharmonie voisine, ouverte plus tard et dessinée par Jean Nouvel.

Dans ces bâtiments, la circulation n’est pas un trajet à réduire. Elle devient l’expérience même de l’architecture. On tourne, on découvre une hauteur, une lumière ou un autre public ; l’espace se révèle dans le temps, comme une œuvre musicale. L’École de danse de l’Opéra de Paris à Nanterre pousse l’analogie vers la chorégraphie : internat, enseignement général et studios de danse forment trois mondes reliés par des passerelles et un patio.

Plans de béton et ombre profonde à Cidade das Artes à Rio de Janeiro
Plans de béton, ombre profonde et vaste toiture transforment Cidade das Artes en cadre monumental habité. Photo : Tomaz Silva / Agência Brasil, CC BY 3.0 Brésil via Wikimedia Commons. Fiche source · Licence.

Ses réalisations majeures, des salles de concert aux tours

Portzamparc n’a jamais cherché à répéter une silhouette. Ses œuvres se reconnaissent plutôt à leur manière de découper une masse, d’organiser des fragments et de transformer un déplacement en récit.

Vue aérienne de Cidade das Artes à Rio entre la ville, les montagnes et la mer
Cidade das Artes s’élève au-dessus de Barra da Tijuca comme une plateforme civique entre ville, montagnes et mer. Photo : Diego Baravelli / Fotoarena, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons ; VRT 2018010210005447. Fiche source · Licence.
  • École de danse de l’Opéra de Paris, Nanterre (1987). Trois volumes spécialisés – danse, études, internat – composent un instrument pédagogique autour du mouvement quotidien des élèves.
  • Nexus II, Fukuoka (1991). Ce programme résidentiel au Japon transpose la recherche sur le logement collectif dans un contexte international et confirme que l’îlot ouvert peut voyager sans devenir une copie de Paris.
  • Tour LVMH, New York (1999). Une petite parcelle de la 57e Rue devient une tour prismatique dont la façade se plie et se dématérialise vers le ciel, première œuvre construite de l’architecte aux États-Unis.
  • Philharmonie Luxembourg (2005). Autour du grand auditorium, 827 lignes verticales forment un péristyle-filtre : une forêt abstraite qui laisse passer la lumière tout en séparant symboliquement la salle du quartier européen.
  • Musée Hergé, Louvain-la-Neuve (2009). Une passerelle conduit vers un prisme posé dans les arbres ; à l’intérieur, quatre volumes colorés deviennent presque des personnages. L’architecture est de Christian de Portzamparc, tandis que Joost Swarte a conçu la muséographie des salles consacrées à Hergé.
  • Cidade das Artes, Rio de Janeiro (2013). Des volumes culturels semblent suspendus entre deux grands plans de béton. Terrasses, rampes et espaces ombragés prolongent l’intérieur vers le paysage métropolitain.
  • One57, New York (2014). La tour résidentielle déploie une silhouette en cascade et une peau de verre bleu au-dessus de Midtown. Elle fait entrer Portzamparc dans l’histoire de la « Billionaires’ Row » – et dans ses controverses.
  • Paris La Défense Arena, Nanterre (2017). Une enveloppe courbe absorbe la très grande échelle d’une enceinte de sport et de spectacle tout en répondant aux rues qui l’entourent.
Façade de verre pliée de la tour LVMH à New York par Christian de Portzamparc
La tour LVMH plie le verre en une séquence de facettes urbaines au-dessus de la 57e Rue. Photo : Epicgenius, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons. Fiche source · Licence.
Façade de l’Ambassade de France sur la Pariser Platz à Berlin
Sur la Pariser Platz, l’ambassade dialogue avec l’alignement historique de Berlin par une asymétrie maîtrisée ; Élisabeth de Portzamparc a conçu ses espaces de réception et de résidence. Photo : Gzen92, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons. Fiche source · Licence.

Deux précisions d’attribution comptent. Le nom 2Portzamparc réunit aujourd’hui une structure fondée par Christian et Élisabeth de Portzamparc, mais leurs signatures demeurent distinctes ; un projet d’Élisabeth ne doit pas être automatiquement attribué à Christian. De même, une œuvre architecturale peut intégrer le travail déterminant d’un muséographe, d’un paysagiste, d’un acousticien ou d’un autre architecte. Raconter l’auteur sans raconter ses collaborations reviendrait à décrire un orchestre comme un solo.

Où voir les réalisations de Christian de Portzamparc à Paris

Le meilleur parcours ne cherche pas à tout faire en une journée. Consacrez d’abord 60 à 90 minutes au 13e arrondissement pour comprendre l’îlot ouvert, puis réservez La Villette à une visite ou à un concert. Nanterre forme un troisième chapitre, plus monumental.

LieuAdresse et carteCe qu’il faut regarderAccès
Les Hautes-FormesEntre la rue Baudricourt et la rue Nationale, 75013 Paris · Google MapsLes différences de hauteur, les percées et la manière dont les volumes fabriquent une petite rue.Ensemble résidentiel. Observez depuis l’espace public, respectez les habitants et ne comptez pas sur l’ouverture des passages intérieurs.
Quartier MassénaAvenue de France, rues Thomas-Mann et Primo-Levi, 75013 Paris · Google MapsLes vues vers les jardins, les bâtiments non mitoyens et la diversité encadrée par une même règle urbaine.Rues et jardins publics. Commencez près de la BnF et marchez vers les Grands Moulins.
Cité de la musique et Conservatoire de Paris209–221 avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris · Google MapsLa séquence des cours et circulations, la façade courbe du Conservatoire et la relation avec le parc de la Villette.Les extérieurs se découvrent librement. Pour le Musée de la musique, une visite ou un concert, consultez la Philharmonie de Paris.
École de danse de l’Opéra de Paris20 allée de la Danse, 92000 Nanterre · Google MapsLa composition en trois parties et le mouvement des passerelles autour du patio.Établissement scolaire non ouvert en visite libre. Vue extérieure seulement, sauf événement ou ouverture officiellement annoncés par l’Opéra.
Paris La Défense Arena99 Jardins de l’Arche, 92000 Nanterre · Google MapsL’échelle de l’enveloppe, ses lames claires et sa relation avec les quatre côtés du site.Extérieurs accessibles ; intérieur avec billet lors d’un match, concert ou spectacle. Vérifiez la programmation officielle.

Pour prolonger le voyage : la Philharmonie Luxembourg, 1 place de l’Europe, peut être visitée lors de concerts et de visites guidées. Le Musée Hergé, rue du Labrador 26 à Louvain-la-Neuve, ouvre tous les jours sauf le lundi et certaines dates fériées ; vérifiez toujours les horaires avant le déplacement. À New York, la tour LVMH et One57 se lisent depuis la 57e Rue, mais leurs intérieurs ne sont pas des attractions publiques.

Si vous associez cette promenade à un parcours patrimonial plus large, notre guide des grands monuments de Paris permet de comparer cette architecture contemporaine avec les symboles historiques de la capitale. La tension entre ancien et nouveau est également au cœur de notre enquête sur la pyramide du Louvre d’I. M. Pei.

L’îlot ouvert à l’épreuve du réel

Aucune idée urbaine ne conserve sa pureté lorsqu’elle devient un quartier habité. Le premier malentendu tient au mot « ouvert ». Il décrit d’abord une composition – des bâtiments séparés, des vues et de la lumière – et non la promesse que chaque jardin intérieur restera un espace public. À Masséna, une étude de la TU Delft relève que plusieurs espaces collectifs sont séparés de la rue par des grilles. Aux Hautes-Formes aussi, l’évolution des usages et de la sécurité a réduit une partie de la porosité initiale.

Le second risque est celui du succès. Une règle inventée pour permettre la diversité peut devenir une vulgate : quelques volumes décalés, une faille, une façade colorée, puis l’étiquette « îlot ouvert ». Portzamparc lui-même reconnaît que le modèle reste perfectible. Sa valeur réside moins dans une forme reproductible que dans la négociation entre adresse, densité, lumière, programmes et temps.

Enfin, son œuvre internationale expose une contradiction féconde. Le jeune architecte des Hautes-Formes cherchait une meilleure vie quotidienne dans le logement social ; l’auteur de One57 a dessiné l’un des premiers emblèmes de la nouvelle ultra-richesse immobilière new-yorkaise. La tour fut critiquée pour sa façade de verre et pour ce qu’elle représente sur la « Billionaires’ Row ». Cette dimension ne suffit pas à juger l’architecture, mais elle interdit de la séparer de l’économie qui la produit.

Le gratte-ciel One57 s’élevant au-dessus de Midtown depuis Central Park
Vu depuis Central Park, One57 transforme les volumes fragmentés de Portzamparc en une nouvelle silhouette de Midtown. Photo : Choinowski, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons. Fiche source · Licence.

Portzamparc n’est donc ni l’apôtre d’un urbanisme universel ni un simple sculpteur de formes. Ses meilleurs projets rendent visibles les tensions qu’ils tentent de résoudre : l’individu et le collectif, la règle et l’accident, le monument et la rue, l’ouverture spatiale et la propriété réelle.

Ce qu’il a transmis à la ville contemporaine

L’héritage de Christian de Portzamparc dépasse une collection de bâtiments. Il a réinstallé l’îlot au centre du débat après des décennies où le modernisme avait souvent privilégié l’objet isolé. Il a montré qu’un urbaniste pouvait écrire des règles sans dessiner une ville entièrement à l’avance, et qu’une pluralité d’architectes pouvait produire autre chose qu’un catalogue d’ego.

Il a également refusé la frontière confortable entre architecture et urbanisme. Une salle de concert est une petite ville ; une tour modifie une rue et un horizon ; un quartier se joue dans la distance entre deux fenêtres. Cette continuité d’échelle explique pourquoi ses aquarelles et ses plans sont si importants : ils ne fixent pas seulement des objets, ils mettent en relation des masses, des vides et des trajectoires.

Son apport le plus actuel tient peut-être à cette modestie cachée sous des formes audacieuses. La ville ne peut pas être parfaitement contrôlée. Elle doit absorber le hasard, l’inégalité des talents, les usages imprévus et les transformations futures. L’architecte ne compose pas la dernière image ; il crée les conditions d’une évolution. À Masséna, la leçon se lit encore en marchant : la rue existe, mais elle respire.

Christian de Portzamparc en images et en paroles

Dans cet entretien long diffusé par Public Sénat, média parlementaire officiel et chaîne YouTube vérifiée, Christian de Portzamparc revient sur son parcours, ses dessins et sa vision de la ville. La vidéo reste hébergée par son éditeur ; oui stars Travel ne la télécharge ni ne la réhéberge.

Entretien avec l’architecte Christian de Portzamparc (intégrale) – Public Sénat.

Pour une approche plus directement centrée sur le dessin, la Cité de l’architecture et du patrimoine conserve également la captation officielle de la conférence Christian de Portzamparc : séquences d’espaces, enregistrée en 2016.

Note éditoriale et droits visuels

Chaque image provient d’une source autorisant la réutilisation éditoriale commerciale. Lorsque l’œuvre architecturale demeure elle-même protégée, oui stars Travel vérifie séparément l’autorisation de l’architecte ou l’exception de panorama applicable ; la seule licence du photographe n’est jamais considérée comme suffisante. Les crédits, sources, licences, transformations et fondements juridiques sont consignés dans chaque fiche média.

Sources et vérification des faits

Vérification achevée le 17 septembre 2026. Les horaires, conditions d’accès et programmations peuvent évoluer ; consultez les sites officiels avant votre déplacement.

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