Il existe un moment particulièrement intéressant dans le parcours d’une artiste : celui où les pièces commencent à former un langage, mais où rien n’est encore figé. Gisèle se trouve précisément là. Sa pop électronique a déjà ses motifs — l’intime, la nostalgie, les métamorphoses, une tresse devenue signature visuelle — et continue pourtant de se déplacer.
Note éditoriale. ONES TO WATCH est une sélection indépendante de la rédaction de oui stars Travel. Ni Gisèle, ni Nébuleuse Records, ni Le MILA, ni MaMA Music & Convention n’ont commandé, validé ou sponsorisé ce portrait.
D’abord, identifier la bonne Gisèle
Gisèle est une autrice-interprète française originaire d’Anet, en Eure-et-Loir, accompagnée par Nébuleuse Records. Elle publie sous ce seul nom de scène ; aucun nom civil complet n’apparaît dans les sources officielles que nous avons pu vérifier, et nous n’en avancerons donc pas.
Cette précision compte. Les plateformes musicales regroupent parfois, sous une même fiche, des artistes homonymes. La Gisèle présentée ici n’est pas la chanteuse belge anglophone associée à des titres comme Too Much Love To Give ou Bad News. Nous avons également écarté les morceaux et dates dont l’attribution à l’artiste française n’est pas confirmée par Nébuleuse Records, ses comptes officiels ou une source éditoriale identifiable.
Une voix entre dans le cadre
Le premier jalon public solide remonte à septembre 2022 avec C’est plus pareil, un titre autoédité accompagné d’un clip réalisé par Laureen Burton. La chanson installe déjà un principe qui restera au cœur de son travail : ne pas transformer la fragilité en spectacle, mais en espace de récit.
Au printemps 2023, Gisèle apparaît aux côtés de nash sur pihis, morceau de l’album heure bleue. La collaboration n’est pas anecdotique. Nash réapparaît ensuite dans sa trajectoire, à la fois comme partenaire musical et, plus tard, derrière l’image de Demain. Cette continuité donne à son univers l’allure d’un atelier partagé plutôt que d’une succession de singles anonymes.
À partir de Bord de mer, publié en octobre 2023 chez Nébuleuse Records, puis de Tempête et Tes mains au début de 2024, la silhouette musicale devient plus lisible. La chanson française y rencontre des textures électroniques contemporaines, parfois vaporeuses, parfois plus rythmiques. La voix reste proche, sans effets démonstratifs : Gisèle semble préférer la précision émotionnelle à la puissance affichée.
Hydre : plusieurs visages, un même refuge
Paru au printemps 2024, Hydre constitue le premier ensemble long permettant de comprendre son écriture. Les plateformes le présentent comme un album de dix titres ; plusieurs textes de présentation l’ont décrit comme son premier EP. Plutôt que d’effacer cette différence de terminologie, retenons l’essentiel : vingt-neuf minutes organisées comme un récit complet.
Avant propos et Intro ouvrent la porte, puis reviennent les titres déjà connus — Bord de mer, Tempête, Tes mains — avant Mésentente, Mauve, Douleur avec nash, Encore je l’aime et Au revoir avec Reyan Restani. Les thèmes documentés sont lourds : harcèlement scolaire, tensions familiales, désillusions amoureuses. Mais le disque ne cultive pas la noirceur pour elle-même. Sa qualité vient du mouvement qu’il imprime aux blessures.
L’hydre offre une métaphore juste : plusieurs têtes, plusieurs mécanismes de survie. Les présentations du projet évoquent trois facettes — la faille, la rêveuse et le rempart. Musicalement, cela se traduit par un balancement entre confession, échappée imaginaire et reprise de contrôle. La nostalgie n’y est pas un filtre décoratif ; elle fonctionne comme une boussole, parfois comme un abri provisoire.
Après le monstre, un jardin
Encore un peu, à l’automne 2024, prolonge cette période sans la répéter. En 2025, Amina puis La lune se lève annoncent Antheia, un projet court complété par Ma peine et À d’autres. Une version augmentée, Antheia +, ajoute ensuite Trop tard.
Le titre renvoie à une figure grecque associée aux fleurs et à la floraison. Ce passage de l’hydre à Antheia peut se lire — c’est notre interprétation, non une déclaration de l’artiste — comme un déplacement du combat vers la croissance. L’imaginaire mythologique demeure, mais le vocabulaire visuel s’allège. Les morceaux gagnent aussi en immédiateté sans abandonner l’écriture introspective.
Cette période confirme ce qui distingue Gisèle : la cohérence n’est pas seulement sonore. Titres, images, coiffure, palettes et figures symboliques dialoguent. Sa longue tresse, souvent visible sur les portraits et sur scène, n’est pas un simple signe de reconnaissance ; elle accentue la dimension presque légendaire d’un univers pourtant ancré dans des émotions très quotidiennes.
Le tournant de 2026
En mars 2026, elle retrouve nash sur 2 secondes. Un mois plus tard arrive Demain, morceau accompagné d’une vidéo tournée lors d’un voyage entre amis au Mexique. Réalisé et monté par nash et Gisèle selon les crédits officiels de la vidéo, le clip possède la texture des souvenirs que l’on garde sur un téléphone : lumière vive, gestes spontanés, fragments de présence.
Ce choix correspond bien à la chanson. Demain ne cherche pas un grand décor pour fabriquer de l’importance ; il observe plutôt cette tendance très humaine à repousser la vie à plus tard. Le contraste entre la douceur solaire des images et l’inquiétude du sujet donne au morceau sa tension.
Hanayama, publié en juin 2026 chez Nébuleuse Records, est à ce jour son titre solo le plus récent que nous ayons pu confirmer. Faute de commentaire artistique détaillé et vérifiable, nous ne lui prêterons pas une signification qu’elle n’a pas elle-même donnée. Ce que l’on peut entendre, en revanche, c’est une artiste qui conserve son goût du détail tout en élargissant la production.
Six titres pour entrer dans son univers
pihis — avec nash (2023)
Le point d’entrée pour comprendre une collaboration durable. La voix de Gisèle s’y inscrit dans un climat nocturne et feutré, déjà proche de la sensibilité qui s’affirmera ensuite.
Bord de mer (2023)
Une chanson charnière : le moment où le paysage intérieur et le décor deviennent presque indissociables. Elle annonce la couleur de Hydre sans en dévoiler toutes les tensions.
Tes mains (2024)
Une écriture resserrée et une mélodie immédiatement accessible. C’est l’un des titres qui montrent le mieux comment Gisèle garde une certaine délicatesse même lorsque la production gagne en ampleur.
Amina (2025)
Le seuil d’Antheia. Plus directe, la chanson conserve ce mélange de clarté pop et de mélancolie contenue qui caractérise son travail.
Demain (2026)
À écouter avec la vidéo officielle. Le morceau et les images forment ensemble un petit essai sur la procrastination affective, l’amitié et le temps que l’on croit pouvoir rattraper.
Hanayama (2026)
Le chapitre le plus récent : utile moins comme conclusion que comme indication d’une production en mouvement.
Ce que les chiffres disent — et ce qu’ils ne disent pas
Lors de notre vérification du 13 septembre 2026, Spotify affichait environ 156 000 auditeurs mensuels pour la page officielle de Gisèle. Amina avait franchi le million d’écoutes et Tes mains approchait les 900 000. Son compte TikTok public comptait un peu plus de 31 000 abonnés et environ 1,2 million de mentions « J’aime » cumulées.
Ces données évolueront et devront être contrôlées de nouveau immédiatement avant publication. Elles ne constituent ni un classement ni une preuve de valeur artistique. Elles montrent simplement que le projet a déjà trouvé un public mesurable, tandis que sa visibilité éditoriale reste encore suffisamment ouverte pour que la découverte ait un sens.
Le lien exact avec Le MILA et MaMA
Le 15 octobre 2026, Gisèle figure à l’affiche du showcase professionnel MaMAMILA ! pendant MaMA Music & Convention, au Backstage By The Mill, 92 bis boulevard de Clichy, dans le 18e arrondissement de Paris. La plage annoncée va de 12 h à 14 h et réunit Dernier Motel, Gisèle et TH/S /S SH/T. L’accès est réservé aux professionnels accrédités ; l’horaire individuel de chaque artiste n’est pas publié à ce stade.
La formulation doit rester exacte : Le MILA n’est pas présenté comme le label ou le manager de Gisèle. Nébuleuse Records, qui accompagne l’artiste, figure parmi les membres actuels du MILA. Le showcase est coorganisé avec des structures membres, dont Nébuleuse Records et Upton Park. C’est ce lien professionnel précis — et rien de plus — qui place Gisèle dans la programmation MaMAMILA.
La date arrive à un moment pertinent : après deux ensembles structurés, plusieurs collaborations suivies et de nouveaux titres en 2026, mais avant qu’un récit définitif ne se referme sur elle. Le cadre professionnel de MaMA permettra surtout d’observer comment cet univers intime change d’échelle sur scène.
Pourquoi oui stars Travel la suit
Nous ne présentons pas Gisèle comme « la prochaine star ». Cette formule remplace trop souvent l’écoute par la prophétie. Notre choix repose sur des éléments plus concrets.
D’abord, une écriture qui relie des expériences précises à des formes accessibles sans les simplifier. Ensuite, un langage visuel reconnaissable, construit avec continuité plutôt qu’ajouté après coup. Enfin, une trajectoire qui progresse par chapitres : chaque sortie semble reprendre un motif, le déplacer et laisser une porte ouverte au suivant.
Il reste des questions — et c’est précisément ce qui rend ce moment vivant. Jusqu’où Gisèle poussera-t-elle la tension entre la chanson et l’électronique ? Que deviendra son écriture lorsqu’elle quittera, même temporairement, le refuge de la nostalgie ? Comment la scène transformera-t-elle des morceaux conçus dans la proximité ?
ONES TO WATCH ne distribue pas de couronnes. La série prend le temps d’écouter les artistes lorsque leur langage devient assez net pour mériter l’attention, mais reste assez libre pour surprendre. Chez Gisèle, cette promesse n’est pas une prédiction : elle est déjà perceptible dans le soin apporté au monde qu’elle construit.
Informations pratiques
MaMAMILA ! — showcase professionnel
Jeudi 15 octobre 2026, de 12 h à 14 h
Backstage By The Mill, 92 bis boulevard de Clichy, 75018 Paris
Accès réservé aux professionnels accrédités MaMA Music & Convention
Programmation et conditions à revérifier avant publication.
À suivre : Instagram · TikTok · YouTube · Spotify
Sources principales
- MaMA Music & Convention — grille 2026
- Le MILA — communauté et membres
- Nébuleuse Records — catalogue
- Conscienxious — entretien autour d’Hydre
- Aficia — Demain
- Théâtre des Vents — date d’Avignon 2026
Vérification éditoriale : 13 septembre 2026. Les horaires, conditions d’accès, données de streaming et informations de programmation doivent être contrôlés de nouveau juste avant publication.






